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Faire garder son bébé à Metz : le parcours du combattant ?

Reprendre le travail après avoir accouché, quoi de plus normal pour la majorité des femmes. Sur son site Web, la ville de Metz fait du choix de mode de garde une de ses priorités. Les futurs parents, en lisant les pages de Metz.fr, se sentent certainement rassurés sur les mois qui vont suivre la naissance de leur bébé. Pourtant, la réalité semble un peu moins rose que ce que les brochures officielles veulent bien laisser croire.

Souvent, les futures mamans actives n’attendent pas d’avoir accouché pour se demander qui va s’occuper de leur « merveille-bout de chou-petit ange ». Mais à l’image de la confrontation au bébé réel « qui hurle, vomit et ne dort jamais », la recherche du mode de garde peut surprendre les nouveaux/futurs parents.

Comment ce qui semble simple devient un des premiers facteurs de risque de dépression du post-partum…

Nous avons obtenu le témoignage de Lucie*, jeune maman d’un petit Antoine*, qui a vécu un véritable parcours du combattant pour pouvoir faire garder son petit ange, et ainsi reprendre une vie professionnelle normale.

Dès l’annonce de la grossesse et les premières nausées passées, la recherche d’un mode de garde a été l’une de ses préoccupations principales, nous dit-elle. « Crèche ou nounou ? Garde à domicile ? Accueil familial ? Je me demandais ce qui serait le mieux pour mon bébé. » Lucie était loin de se douter qu’elle n’aurait en fait aucun choix. « La seule question, finalement, était : vais-je pouvoir reprendre mon travail ? »

« Premier arrivé, premier servi »

« On m’avait prévenue. » dit-elle. « On m’avait dit “à Metz c’est bouché, tu n’auras jamais de place en crèche, tu vas perdre ton temps” ». Elle a quand même voulu tenter le coup. Un coup de fil au CCAS lui explique la procédure : réunion obligatoire 6 mois avant la mise en crèche, et inscription sur une liste d’attente “premier arrivé, premier servi”.

C’est confiante que Lucie raccroche et passe ses six derniers mois de grossesse. Un bémol tout de même : voulant faire garder Antoine à partir de ses six mois, sa réunion obligatoire tombait en plein au moment du terme. « Ce rendez-vous était non négociable. J’y suis donc allée, prête à éclater ! » Sur place, l’ambiance est peu accueillante : salle minuscule surchauffée, pleine de jeunes mamans ou de femmes enceintes venues pour la même chose. Le ton est tout-de-même rassurant : belle présentation, travailleuse sociale sympathique et  photos d’enfants épanouis. Le rêve. « On nous a expliqué le fonctionnement des différentes structures, le principe de l’accueil familial [des assistantes maternelles rattachées à une crèche pouvant faire bénéficier de l’accueil de la crèche pendant leurs congés, NDLR]. Merveilleux ! »

Une procédure administrative kafkaïenne

La confiance de Lucie s’amenuise quand vient le moment de remplir le dossier. C’est là que ça devient compliqué : le règlement impose de choisir sa crèche à l’avance. « S’il n’y a pas de place, c’est tant pis, vous pourrez réessayer au prochain enfant ! ». On lui impose en effet de faire une liste de trois crèches par ordre de préférence, sans savoir s’il y a une chance qu’il y ait de la place ou non. « Vous pouvez demander Queuleu, Bellecroix et Metz Centre, et vous n’aurez aucune place. Alors qu’il y aurait eu de la place à Sablon, pas forcément plus loin de chez vous ! ».

Autre complication pour Lucie : son métier lui impose des horaires atypiques, ce qui est prévu par la mairie. « Mais mes horaires n’étaient pas assez atypiques ! Ils l’étaient trop pour une garde classique, mais pas assez pour une garde spécifique, et il faut que les deux parents soient dans cette situation. » De plus, la demande d’horaires atypique exclue de fait la demande de garde classique. « Il faut faire un choix, une demande exclue l’autre. »

Les autres modes de garde ne sont pas beaucoup plus accessibles

Lucie poursuit : « J’ai finalement opté pour ce qui me semblait être plus accessible, l’accueil familial dans mon quartier, et on m’a proposé un rendez-vous deux semaines plus tard, lui-aussi obligatoire. » Ayant accouché entre-temps, c’est donc sous la neige et accompagnée d’un bébé de deux semaines qu’elle se rend à ce rendez-vous.

On lui fait remplir un nouveau dossier, et on lui dit qu’elle sera rappelée sous peu. « Mais on ne m’a jamais rappelé ! ».

Des données pas toujours à jour

Découragée, Luce se rabat finalement sur l’assistante maternelle, la traditionnelle « nounou ». « On m’a alors fourni une liste d’assistantes maternelle. L’image de cette liste me revient parfois dans des moments d’angoisse ! » Et pour cause, cette liste, que nous avons pu nous procurer, ne fait pas moins d’une quinzaine de pages, et contient les coordonnées de toutes les assistantes maternelles de la ville de Metz, avec leurs disponibilités. « En fait j’ai essuyé un bon nombre de refus de personnes “au complet” ou même ayant déménagé en Bretagne depuis 1 an ! » La liste est donc plus ou moins à jour, mais Lucie obtient tout de même trois rendez-vous après de nombreux appels.

La fameuse liste, pas à jour, fait une quinzaine de pages et est rédigée en Comic Sans.

La fameuse liste, pas à jour, fait une quinzaine de pages et est rédigée en Comic Sans.

« Je me suis préparée à ces rendez-vous comme à un entretien d’embauche, comme si je postulais au poste de parent employeur modèle ! Sauf qu’avouer des horaires légèrement flexibles me rangeait immédiatement dans la case “à ne pas rappeler”. Même par les assistantes maternelles fumeuses avec trois chiens qui ne m’inspiraient pas la plus grande confiance. »

En désespoir de cause, Lucie songe à renoncer. « C’était soit abandonner mon boulot, soit abandonner mon fils ! Même la nounou qui m’avait dit ok et qui avait une cave en guise de salle de jeux ne répondait pas au téléphone ». Finalement, après moult appels et requêtes désespérées auprès des services, Lucie obtient le numéro d’une assistante maternelle en fin de formation. « Elle avait encore la foi en son métier. Elle adore mon fils. Ouf ! » Mais quand un an après son assistante maternelle doit s’absenter pour une formation, le spectre du cauchemar qu’elle a vécu réapparaît. « J’ai dû rappeler toutes les crèches pour un accueil occasionnel, l’image de la liste d’assistantes maternelles est revenue avec son lot d’angoisses. Vraiment, c’est difficile d’être une maman qui veut juste continuer à travailler. »

Pourtant, l’accueil de la petite enfance figure dans les priorités de la municipalité. Le CCAS fait même partie des seuls organismes à bénéficier d’une dotation en hausse dans le budget 2014. Mais il semble que la ville devra fournir quelques efforts si elle veut devenir attractive, comme elle en a l’ambition.

 

*Les noms ont été modifiés à la demande de l’intéressée.

2 réflexions sur “ Faire garder son bébé à Metz : le parcours du combattant ? ”

  1. Comment ??? Sarkozy n’aurait pas tenu sa promesse du « droit opposable à la garde d’enfants » ?? ;D

    Trêve de plaisanterie, c’est hélas le lot de tous les parents en France et ca tient plus de la politique nationale en matière de famillle branche petite enfance que des politiques municipales.

    L’essentiel se décide dans la COG (Contrat d’objectifs et de Gestion) et les CPOG (Contrats pluriannuels d’objectifs et de gestion) où le gouvernement fait appliquer ses orientations. En ces jours où l’on apprend que les employeurs ne contribueront plus aux cotisations familiales …. on comprend qu’on va pas vers du mieux. D’ailleurs, un eréduction du budget des CAF avait déjà été décidée en juin dernier. Ca alors, comme ca tombe bien…

  2. Bonjour je suis assistante maternelle et je vous invite a venir visiter mon site et vous verrez que sur Metz il y des assistantes maternelles qui bougent et qui ont la passion du métier ne vous arrêtez pas a une mauvaise expérience et si personne ne vous conviens pas peu être que vous n’êtes pas encore disposé a confier votre petit bout de choux la confiance est essentiel dans notre métier
    Cdl Muriel
    http://assistante-maternelle-metz57000.jimdo.com/

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