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UMP : la campagne prend un tour grand-guignolesque à Metz

Les campagnes municipales se suivent et se ressemblent à Metz. Même les acteurs sont identiques, mandat après mandat, à part peut-être Jean-Marie Rausch, que le grand âge écarte des débats, même si son ombre plane toujours sur la ville. Dernier soubresaut en date : l’éternelle confrontation entre les deux frères ennemis de la droite messine, les sénateurs François Grosdidier et Jean-Louis Masson, qui se mènent une guerre sans pitié, à coups de tracts assassins, de coups fourrés et d’actions en justice depuis les années où, à deux, ils tenaient les rennes du RPR local.

En effet, c’est un tract sous forme de recueil de coupures de journaux, édité par le sénateur et maire de Woippy François Grosdidier, qui a été distribué depuis quelques semaines dans les boîtes-aux-lettres des citoyens messins. Au programme : un éditorial au vitriol vilipendant les « harcèlements » dont il est victime de la part de Jean-Louis Masson depuis de nombreuses années. Dans ce tract, il détaille minutieusement les « manipulations » dont il accuse Masson, afin d’étayer une thèse selon laquelle ce dernier veut le démolir.

Ambiance…

L’accusant « d’hyperagressivité », François Grosdidier dépeint un personnage sans pitié, prêt à tout, même aux faux tracts d’autodiffamation pour servir sa cause. Ainsi, il réédite un courrier envoyé aux citoyens messins en 1983 par Jean-Louis Masson, dans lequel celui-ci fait mine de se descendre pour mieux se mettre en avant face à son ennemi de l’époque, Jean-Marie Rausch.

Au fil des pages, François Grosdidier étaye sa thèse en suivant le fil des années. 1986, 1997, 2004, 2008, 2011, 2013 : à chaque échéance électorale, Jean-Louis Masson fait parler de lui, par des petites combines et des attaques voilées contre son propre camp. Ainsi, Grosdidier décrit qu’aux municipales de 1989, Jean-Louis Masson fusionne avec une liste concurrente puis « multiplie les déclarations » contre celle-ci pour la faire perdre. Il accuse en outre Jean-Louis Masson d’être à l’origine du maintien de la candidature de Marie-Jo Zimmermann au second tour de l’élection municipale de 2008, qui aurait fait perdre la droite pour la première fois à Metz depuis l’instauration du suffrage universel en 1848. Autre combine de Masson selon Grosdidier : l’utilisation d’un micro-parti pour engranger des fonds publics, quitte à présenter des candidats « Metz pour tous » en outre-mer…

Répéter les travers du passé

La droite messine sait qu’elle a toutes les chances de l’emporter cette année dans cette ville traditionnellement à droite. Mais elle sait également que rien n’a été plus destructeur pour elle-même ces dernières années que ses divisions. Fait nouveau : des conseillers municipaux d’opposition ont même rejoint la liste de Dominique Gros, qui rassemble désormais du Frond de Gauche jusqu’au Modem.

Marie-Jo Zimmermann, qui a réussi à fédérer l’union à droite autour de sa candidature, sait qu’un clash médiatique supplémentaire dans son camp pourra durablement compromettre ses chances de victoire. Si Jean-Louis Masson se fait plus discret ces derniers temps, qu’a à gagner François Grosdidier à déterrer à nouveau la hache de guerre ? Des mauvaises langues supputent que ce dernier jouerait la défaite de la députée de Moselle dans l’optique des élections de… 2020 !

En attendant, la campagne 2014 nous réservera certainement de nouvelles surprises !

Photo AFP

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